Isabelle Smadja

Isabelle Smadja
Compte-rendu de la soirée avec Isabelle Smadja:

Isabelle Smadja : Bonsoir à tous ! J'ai l'impression que le chat fonctionne bien

Pruneau : Bonsoir ! Déjà, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation

Isabelle Smadja : Pas de problème : cela me fait plaisir

Pruneau : Nous sommes beaucoup à être très excités à l'idée de pouvoir vous poser nos questions. Une première question, qui pourra être utile à tous : votre livre est consacré aux quatre premiers tomes, mais avez-vous lu les tomes cinq et six ?

Isabelle Smadja : Oui, je travaille actuellement sur un ouvrage collectif que je co-dirige sur Harry Potter.

Pruneau : Que pensez-vous de la tournure qu'ont pris les événements ? Y a-t-il une partie de votre analyse qui a évolué avec ce qui s'est passé dans les deux derniers tomes ?

Isabelle Smadja : Les deux derniers tomes ne sont pas tellement différents dans leur structure que les autres, à mon avis : le tome 3 était déjà sombre.

Monox : Bonsoir, comment en êtes vous venue à vous interresser à la littérature populaire en général et à Harry Potter en particulier ?

Isabelle Smadja : Par mes enfants : au départ je cherchais des livres à leur faire lire et je les lisais moi-même HP ça a été cela : je l'ai lu et leur ai proposé et j'ai été intrigué qu'ils aiment tant

Pruneau : Et vous-mêmes, avez-vous aimé lire ces livres ?

Isabelle Smadja : Oui, bien sûr : j'ai aimé les références multiples, l'impression qu'il y a toujours plus que ce qu'on lit tout de suite, le souci du détail et la cohérence de l'ensemble.

Chino : Beaucoup d'adultes affirment qu'ils trouvent bizarre de voir des adultes s'intéresser à, voire developper une passion pour Harry Potter. Qu'en pensez vous ?

Isabelle Smadja : J'ai l'impression qu'il y a eu non seulement un processus d'identification mais d'adoption. Les jeunes adultes ont adopté cet enfant malheureux un peu comme Dumbledore ou Hagrid... l'ont fait. Et puis les références culturelles sont nombreuses et elles parelent aussi à des adultes.

Pruneau : Selon vous, les livres auraient-ils eu autant de succès s'ils n'avaient pas été accompagnés de l'histoire de la femme pauvre et seule qui finit par s'en sortir ?

Isabelle Smadja : Le conte de fées de Rowling a été exactement parallèle à celui de Harry : un jeune orphelin d'un côté et une femme seule d'un autre.

Fabio : Bonsoir ! Que ressentez-vous au sujet de cette saga ? Êtes-vous attachée à cet univers à présent ?

Isabelle Smadja : Travailler sur un ouvrage oblige à prendre une certaine distance : il y a des aspects laborieux. Franchement, je ne pense pas être attachée à l'univers même si le roman me plait.

Monox : Et que pensez vous des adultes plus mûrs qui se passionnent pour Harry et qui essaient de développer des théories ?

Isabelle Smadja : Euh... j'en fais partie ! Je crois q'il ya dans ce succès un véritable défi à l'interprétation : comment s'explique un succès pareil ? Je crois que le succès vient en partie de la présence d'un orphelin résilient : Ce qui est tout à fait dans l'esprit du temps, c'est cette rupture des digues qui séparent la littérature adolescente et la littérature adulte, et par extension l'adolescence et l'âge adulte, : le livre de JK Rowling est sans doute tombé à point nommé pour satisfaire une demande de fusion - ou de confusion - très actuelle entre les univers de la jeunesse et de l'âge adulte ; le même roman, édité dès sa première publication dans une collection pour adultes, n'aurait sans doute pas eu le même effet sur les adultes lecteurs.

Samael : Ayant traité du mal dans le Seigneur des Anneaux, y'a t'il des ressemblances entre le mal dans Harry Potter et celui des oeuvres de Tolkien ?

Isabelle Smadja : Sauron est aussi un dicateur ; certains éléments sont des reprises explicites : les détraqueurs/ les cavaliers noirs. Je pense même que Voldemort et Mordor sont très proches, tous ont des consonances françaises. Frodon a un côté très jeune même s'il est plus âgé que Harry et il est guidé ou aidé par Gandalf, comme Dumbledore aide Harry dans son combat

Mirmegil : Après avoir présenté les Horcruxes, Dumbledore cherche à montrer à Harry la haine qu'il éprouve envers Voldemort, et qu'il faut le tuer. Avec des citations, comme "Imagine que tu n'aies pas entendu parler de la prohétie ? Quels seraient tes sentiments à l'égard de Voldemort à présent ?" Réponse de Harry : "Je voudrais qu'on le tue. Et je voudrais m'en charger moi-même." Que pensez-vous de la valeur...disons..."symbolique" de ce passage ?

Isabelle Smadja : Je pense que Harry n'est pas toujours le porte-parole de Rowling : elle fait dire à Harry ce qu'elle imagine qu'un garçon dasns sa position dirait. Dumbledore n'a pas tué Voldemort. Le tome 3 avait quand même été très loin dans la critique de la peine de mort.

Mateo : Bonsoir ! Dans votre livre, vous expliquiez que la plupart des personnages qui entouraient Harry avaient un rôle qui pouvait être interprété grâce à la psychanalyse comme Sirius Black ou Hagrid qui étaient identifiés comme des figures paternelles. Que pourriez-vous dire du rôle du Professeur Ombrage dans ce domaine ? Que représente-t-elle ?

Isabelle Smadja : La piste est intéressante mais je n'y ai pas pensé ! Ombrage m'a fait penser à Mephisto quand elle oblige Harry à écrire avec son sang : je ne dois pas mentir et en même temps elle fait référence aux punitions corporelles que l'on infligeait aux enfants il n'y pas si longtemps. Ce personnage féminin m'a un peu gêné ; je ne comprends pas tout à fait l'objectif de Rowling ici. Comme si la volonté d'accéder au pouvoir rendait presqu'inhumain ; je ne sais pas, il y a peut-être une critique de Margaret Thatcher chez Ombrage ?

Samael : Le personnage d'Ombrage n'est pas t'il pas la pour montrer aussi que le camp du "bien" n'est pas que composé d'anges ? Ainsi la rencontre avec Ombrage lui permetterait de mûrir et de se méfier des gens qu'il rencontre ?

Isabelle Smadja : Oui, sans doute, mais c'était déjà le cas avec Rogue qui avait l'avantage d'être plus ambivalent, alors qu'Ombrage, même si on éprouve de la pitié pour elle à certains moments, n'a pas cette profondeur qu'a Rogue moins en tant que personne, parce que je ne suis pas sure qu'il ne soit pas trop caricaturé mais il a une certaine profondeur parce qu'il nous contraint à remettre notre jugement en question très fréquemment. Ombrage n'avait pas cet avantage.

Netben : Bonsoir, Ombrage ne serait-elle pas simplement là pour montrer qu'un gouvernement est capable d'aller loin pour cacher une chose génante pour lui et qui le remettrait en cause ?

Isabelle Smadja : Oui, mais elle agit aussi pour son compte personnel, pour des motifs dont on se demande s'ils ne sont pas purement passionnels. Mais vous avez raison : avec elle, on a l'incarnation de l'idée : pouvoir, ambition personnelle, jalousie qui a des origines qu'on sent être psychologiques, et haine peuvent être mêlés

Chooser : J.K.R a signalé qu'Ombrage allait revenir. Que pensez vous du role qu'elle va tenir ? Aura-t-elle changé ?

Isabelle Smadja : Je ne sais pas : peut-être qu'après avoir montré l'aspect antipathique du personnage, Rowling va nous montrer un aspect plus humain, mais je pensais que l'épisode des centaures avaient laissé des traces plus durables.

Purple : Bonsoir, les symboles du père sont très forts dans la saga mais ils finissent tous par disparaître. Hagrid a-t-il une petite chance de survivre à la fin selon vous ?

Isabelle Smadja : Hagrid a un côté enfantin aussi. Normalement le meurtre symbolique du père doit être réalisé pour que l'enfant accède à son autonomie. Voldemort est un des substituts du père également. Pour revenir à Hagrid, il est depuis le début une victime. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il ne mourra pas ? Je ne sais pas.

Purple : Vous dites dans votre livre que le monde moldu représente la réalité et le monde sorcier les désirs inconscients, alors que pensez-vous de la mort de Sirius ? Qu'est-ce que cela représente comme désir inconscient ? Encore une figure du père qui disparaît ?

Isabelle Smadja : Oui, Sirius était un père un peu encombrant mais en plus il me semble que Rowling conçoit l'apprentissage de la vie par une prise en compte de la mortalité de l'homme. L'invention des Sombrals est de ce point de vue ingénieuse : il faut une certaine expérience, un traumatisme même pour accepter de considérer que la mort existe. Mais si on regarde dans cette optique, elle décrit un univers très sombre où la mort est omniprésente, mis à part pour l'enfant.

Pruneau : Comme vous le montrez dans votre livre, Lili n'a jamais vraiment été remplacée. Néanmoins, Harry sort avec Ginny, qui ressemble beaucoup à sa mère. Est-ce sa façon à lui de résoudre son complexe d'Oedipe ?

Isabelle Smadja : Non, ni Mrs wesaley, ni McGonagall ne font office de mère alors que Harry a affaire à un grand nombre de substituts du père : Dumbledore, Sirius.. ; la mère de Harry je pense que c'est Rowling et qu'elle tient à garder le monopole ! [Concernant Ginny] Peut-être... de toute façon chez Freud les parents forment un modèle durable, et c'est d'autant plus vrai pour Harry qui n'a pas eu l'occasion de soumettre la figure idéale de la mère à l'épreuve de la réalité.

Morgane_VTM_Poudlardorg : Vous parlez de complexe d'Oedipe, mais le considérez-vous à l'âge de la mort de la mère ou à l'âge de l'annonce à Harry qu'il est un sorcier ? Dans l'histoire, il se manifesterait soit trop tôt (un an !), soit trop tard (presque à l'âge de la puberté !) Doit-on considérer que Harry est immature d'un point de vue affectif et émotionnel ?

Isabelle Smadja : Non mais le complexe d'Oedipe, même s'il apparaît à une certaine période n'est jamais complètement mort ou révolu : pour Freud l'inconscient ignore le temps, et les conflits de la petite enfance sont enore présents à tout âge

Morgane_VTM_Poudlardorg : Mais si on considère la période du complexe, celle de latence et la puberté, les étapes sont ici... disons quelque peu chamboulées...

Isabelle Smadja : Franchement je ne vois pas en quoi : Harry a onze ans quand il commence l'histoire, un peu plus quand il pense à sa mère : Freud n'a jamais pensé une minute que le complexe d'Oedipe s'évanouissait comme par enchantement avec l'âge. C'est un roman qui livre une expérience de la transition entre l'enfance, l'adolescence, et l'age adulte.

Mona : Comment pensez-vous que JK Rowling arrive à incarner aussi bien tellement de personnalités différentes une pour chaque personnage ? Laquelle reflète, selon vous, la vrai personnalité de JK Rowling ?

Isabelle Smadja : Elle a dit un jour, en gros, « Hermione c'est moi ». Je trouve quelle a donné à Hermione beacoup de qualités à la fois maternelles (cf son rapport à Hagrid) et de personne engagée dans la vie politique, elle est à la fois cultivée et sensible, intelligente et altruiste : maintenant Hermione corrsepond plus peut-être à un idéal féminin version Rowling qu'à Rowling elle-même. Par ailleurs, les autres personnages trouvent des modèles ailleurs (Dumbledore Gandalf) et certains personnages sont très typés, caricaturés même (les Dursley, Malefoy). Je pense que comme tout écrivain, elle a dû construire des fiches, prendre des notes au fur et à mesure de ces rencontres personnelles

Sirius_black : Dans un autre registre : Que pensez vous du desir de JKR de vouloir utiliser diverses créatures mythologiques dans ses écrits ? Est-ce là un moyen d'aider les lecteurs à se replonger dans les mythes et légendes oubliées par la plupart d'entre nous comme ce fut le cas pour certaines créatures du Seigneur des Anneaux ?

Isabelle Smadja : Le brassage d'éléments culturels différents est une des raisons du succès. En empruntant ses thèmes et ses personnages à des univers aussi variés que les contes de fées, les légendes celtes, la mythologie grecque, la Bible ou l'histoire de la seconde guerre mondiale, Rowling voit la culture comme un brassage de tous les éléments disponibles. Elle ne se cantonne pas à la mythologie grecque, aux légendes celtes, aux contes de fées, à la Bible (le Serpent, God/Godric Gryffondor opposé au serpent/Serpentard) et à l'histoire de l'humanité (allusion à peine voilée au nazisme à travers Voldemort, héritier de Salazar Serpentard, aux initiales SS). Et c'est aussi cela qui est fascinant : qu'on est l'impression qu'il y a dans un seul roman tout un monde à notre disposition. Le plaisir de la lecture s'expliquerait par cette capacité à "tenir entre ses mains" un univers dont l'histoire correspond en bien des points à l'histoire d'un individu et à l'histoire du monde.

Lylene : Chaque tome se termine sous terre/dans le noir/labyrinthe, etc. Peut-on considérer qu'il s'agisse d'une introspection, une entrée dansle monde du ça (« connais-toi toi-même ») ? Il y a des araignées dans chaque tome, qui jouent un rôle assez impotant, doit-on y voir une symbolique, si oui, celle de la mère ?

Isabelle Smadja : Ce qui m'a paru être réellement une plongée dans l'inconscient, c'est le moment où Harry entre dans la pensine de Dumbledore, et où il assiste au procès du fils Croupton par son propre père devant la mère en pleurs. On était vraiment très proches de l'Oedipe. Les résurgences psychanalytiques sont même parfois à mon avis trop explicites : "la forêt interdite », le serpent, "la chambre des secrets". Peut-être l'araignée est encore une reprise du Seigneur des Anneaux, même si elles sont un peu moins terrifiantes. Dans la symbolique Freudienne, si je me souviens bien, l'araignée qui terrifie tant Ron... est le symbole de la mère trop possessive, qui à force de tisser une toile protectrice autour de on enfant, l'empêche de vivre sa vie, le dévore symboliquement en lui dévorant son autonomie

Clacla : Selon Zola, l'hérédité et le milieu social influe sur une personne, le fait que Harry ait grandi chez les Dursley ne va-t-il pas l'influencer ?

Isabelle Smadja : Harry est le modèle de l'enfant résilient, qui surmonte les épreuves et en sort plus fort. Je ne sais pas si par ailleurs Harry gardera quelque chose de son séjour chez les Dursley : ils servent plus de repoussoir, de tout ce que Harry ne veut pas être. Ce thème de la résilience est très important : il en ressort un message très rassurant pour les lecteurs adultes qui aujourd'hui plus qu'hier doutent souvent des méthodes d'éducation qu'ils donnent à leurs enfants : en lisant la série des Harry Potter, ils peuvent se rassurer en se disant que, de toute façon, il y a chez l'enfant une capacité à " rebondir " et même à s'aider des obstacles qu'il rencontre pour en devenir plus fort. Par ailleurs on ne peut pas donner foi complètement à la thèse de Zola : la liberté de choisir est essentielle.

Chino : On revient un peu sur les femmes : Harry ne semble faire confiance qu'aux adultes hommes (Sirius, Lupin, Dumbledore). Il semble plus distant des femmes comme Minerva Mc Gonagall qui lui propose beaucoup son aide et sa confiance, comment peut-on expliquer cela ?

Isabelle Smadja : il ya eu pas mal de critiques où on a reproché à Rowling sa misogynie : elle n'aurait mis en scène que des filles stupides qui gloussent... Je ne suis pas d'accord : je pense que Rowling est parti du réel : les femmes ont moins de postes importants, moins de prestige que les hommes et, puis, sa manière d'essayer de contrer ou de contrebalancer cette prédominance des hommes, c'est de donner peu à peu plus de poids et plus d'importance au femmes. Ensuite, autant Harry a eu l'occasion de critiquer l'image du père (James Potter est vu dans une situation qui n'est pas ne son honneur), autant l'image de la mère reste très pure.

Samael : Comment interpréteriez vous la place de Luna Lovegood dans le monde de Harry Potter ? Est-elle la pour donner à Hermione un opposé féminin comme Drago est l'opposé masculin de Harry ?

Isabelle Smadja : Ce qu'il fallait surtout, me semble-t-il, c'est que peu à peu les femmes prennent de l'importance dans le roman, que Hermione surmonte les obstacles, Ginny sa timidité... Luna n'est pas aussi antipathique que Drago. Luna, c'est l'introduction de la marginalité, de l'anti-conformisme, voire même d'une forme douce de folie luna comme lunatique et il me semble qu'il était très important dans un univers quand même assez aseptisé, sans punk, si vous voulez, sans contestation hippie ou marginale, de donner la parole à Luna et de lui donner une place centrale. Il n'y a pas beaucoup de handicapés chez Rowling, en dehors bien sûr de ceux qui ne sortent pas de Sainte Mangouste.

Pruneau : Lorsqu'on demande aux gens dans quelle maison ils pensent que le Choixpeau magique les enverrait, plus de % répondent Serdaigle ; qu'en pensez-vous ?

Isabelle Smadja : Je ne sais pas ... cela prouverait qu'ils ont assez réfléchi, et que la perspective de combats, d'une vie trop aventureuse et mouvementée les rebutent quand même. Pourtant on a aparfois l'impression que Gryffondor a regroupé aussi des individus pour leur intelligence. Sur le fond, il est un peu dommage que les maisons soient si imperméables et qu'on ne puisse pas passer d'une maison à l'autre. Mais la cohérence de l'ouvrage aurait sans doute été plus difficile à construire

Rara : Comment cernez-vous le professeur Rogue ? Comment analysez-vous cette ambiguité que dégage le personnage ? Et selon vous de quel coté est il vraiment ?

Isabelle Smadja : Je crois que Rowling est parvenue à une apothéose avec Rogue : c'est vraiment le personnage qu'on ne peut pas cerner et sur lequel se concentrent les questions. Tout le talent de Rowling se dévoile dans son aptitude à nous contraindre à nous poser des questions. Peut-être est-ce là qu'il faut chercher sa véritable originalité : dans le dynamisme qu'elle a su insuffler chez ses lecteurs. De quel côté est-il ? je ne sais pas... J'ai l'impression qu'il y a chez lui de l'amour pour Narcissa et que cela peut avoir un rôle. Répondre à cette question, ce serait aussi en savoir plus sur la fin : a-t-il tué Dumbledore à sa demande, ou Dumbledore le suppliait-il au contraire de ne pas le tuer ?

Lea : On dit souvent que depuis Harry Potter l'édition jeunesse n'est plus la même. Qu'en pensez vous ?

Isabelle Smadja : En 2005, l'édition jeunesse représente 1/5 ème du marché alors que cette proportion était beaucoup plus faible avant le succès des HP. Peu à peu, la presse et les éditeurs ont intégré une section jeunesse et, inévitablement, cela modifie la donne. Je pense, pour les éditeurs, à des éditeurs aussi sérieux que Pol, qui a créé Petit Pol ou à Actes Sud qui a créé actes sud junior, à Plon qui a aussi créé une section jeunesse, et, pour les journaux à Lire qui crée Lire Junior. En plus, le regard des adultes sur la littérature de jeunesse s'est modifié, si bien que des auteurs qui écrivaient pour des adultes se sont intéressés aussi à la littérature de jeunesse, alors que peut-être, sans le succès des Harry Potter, ils ne l'auraient pas fait. Inévitablement quelque chose a ou va changer à partir du moment où le nombre des lecteurs, des écrivains et des éditeurs susceptibles de s'intéresser à ce secteur s'est à ce point accru.

Brunod : L'état d'esprit de Harry à la fin de chaque tome se dégrade par rapport aux précédents tomes, il est de plus en plus triste et ressent un 'vide' de plus en plus important. Pensez-vous que cela symbolise la sortie de Harry du monde de l'enfance et pensez-vous que la fin de la saga va continuer dans ce sens ?

Isabelle Smadja : En un sens il est déjà sorti de l'enfance : on aurait pu penser qu'à la fin il perde ses pouvoirs magiques, ce serait cela la sortie de l'enfance : se rendre compte des ses limites et accepter le monde tel qu'il est au lieu d'en créer en imagination un meilleur. Au départ elle a donné des signes qu'on était dans un conte de fées avec un début très ressemblant à celui de cendrillon et puis à un moment donné elle a dit que la vie n'était pas un conte de fées. Reste toujours la possibilité de se dire que ce n'est qu'une fiction, tant pour le lecteur que pour Rowling qui va peut-être essayer d'inventer une fin qui ne soit ni la vie ni la mort

Netben : Que pensez-vous du phénomène exeptionnel qu'est l'attente de la sortie du septième tome de la saga Harry Potter ?

Isabelle Smadja : Le succès a fait boule de neige. En plus la possibilité offerte par l'internet de communiquer aussi rapidement les nouvelles et les infos est inédite. Bref le succès n'est pas seulement celui d'un livre mais il s'explique aussi par l'émergence de l'internet

Cox : Harry va-t-il être obligé de se sacrifier ? Pour vaincre Voldemeort, pour d'une part éviter d'utiliser des moyens criminels meutre... et d'autre part, coller au mythe chrétien de l'Elu qui sauve le monde ? Ou a-t-il une autre solution ?

Isabelle Smadja : Je ne sais pas. Je pense qu'elle va essayer de créer la surprise mais d'un autre côté il semble qu'il n'y ait pas beaucoup de choix.

Lna : Va-t-il mourir à votre avis ?

Isabelle Smadja : Peut-être quelque chose qui ne soit ni la vie ni la mort, mais quoi ? Il me semble que la réponse est moins dans le livre qui contienst des pistes contraires que dans la psychologie de l'auteur. Certains disent que oui pour éviter autant que possible que trop de monde lui construise son avenir et que le roman échappe en partie à son auteur. La mort de Harry réglerait ce problème : ce qui appartient à Rowling c'est Harry jusqu'à sa mort alors que sien tout pourrait se diluer à l'avenir. D'un autre côté, en prendra-t-elle la responsabilité ? Ce n'est pas complètement anodin pour peu que certains aient développé une véritable identification au héros

Pruneau : Il se fait tard, et nous ne voudrions pas vous retenir toute la nuit. Il reste encore assez de questions pour durer une semaine, je m'excuse donc auprès de toutes les personnes présentes qui n'ont pas pu poser la leur. Au nom de tous ceux qui sont venus, et de ceux, certainement encore plus nombreux, qui liront le compte-rendu de cette, je vous remercie du fond du coeur. Cette soirée a été très intéressante et enrichissante, et j'attends avec impatience le recueil que vous avez mentionné en début de soirée. Merci à tous ceux qui sont venus, merci à Chooser, Cox, Lna, Chino, Sirius_Black, Vinz, Syde et D-Diggle pour l'organisation, merci aux autres sites qui ont relayé l'information comme poudlard.org et UHP. Et surtout, merci à vous, Mme Smadja. Bonne nuit à tous !

Isabelle Smadja : Merci à vous et bonsoir à tous ! Je suis contente si cela a plu : j'ai fait de mon mieux ce n'est pas toujours évident.


Trouvé ici
# Posté le dimanche 04 février 2007 11:24
Modifié le dimanche 04 février 2007 11:36

Equus

Equus
Voici un petit gif des photos promotionnelles d'Equus.

Pas mal les photos?


Un article du Dailymail contient une interview de David Pugh, le producteur d'Equus, dans laquelle ce dernier explique pourquoi les organisateurs de la pièce ont décidé de publier des photos révélatrices de Daniel Radcliffe (Alan Strang) et nous parle de la première semaine de répétitions. L'article nous fait aussi part de la réaction qu'a eu la Warner Bros suite à la parution de ces photos.

David Pugh a dit :
Daniel devait se déshabiller avec une très jolie jeune femme. Très franchement, j'aurais eu une peur bleue moi aussi.
C'est un garçon qui prend maintenant ses propres décisions, et plutôt que d'être juste vu comme une sorte de Shirley Temple, il sait qu'il veut être comédien toute sa vie, et c'est sa manière de s'affirmer.
Nous avions besoin de montrer qu'il est capable de jouer ce genre de rôle, et c'est pourquoi nous avons délibérément publié la séance photo : nous voulons que les gens sachent qu'ils iront voir une piéce a propos d'un jeune homme et non d'un jeune garçon.
Je prie Dieu pour que tout se déroule bien, car il a été très courageux de choisir ce rôle. Il n'a jamais dit qu'il ne le ferait pas de nu, parce qu'il savait que ces scènes faisaient partie de la pièce.
Il était timide et hésitant au début, mais nous avons décidé de le lancer directement dans ces scènes à la fin de la première semaine de répétitions.
Il y avait d'abord juste cinq personnes dans la salle, mais une fois que Joanna et lui les avaient faites à plusieurs reprises, ils étaient contents d'avoir toute l'équipe autour d'eux.
Ce n'est certainement pas quelque chose de rapide. Il est sur scène pour une longue période. Ses parents sont dans le show business et ils le soutiennent totalement.

Un représentant de la Warner Bros nous fait part de ce que cette dernière en a pensé :
Warner Bros ont monté leur publicité pour le film Harry Potter et l'Ordre du Phénix en nous montrant le tout premier baiser - chaste -de Harry à l'écran. Mais aujourd'hui nous pouvons voir notre star Daniel dans un nu-intégral. Nous ne nous attendions pas a ce qu'il nous coiffe au poteau!
A ce stade, il reste à Daniel deux films Harry Potter à faire dans lesquels il tiendra le premier rôle.
Mais la compagnie devra plutôt observer la réaction du public quand la pièce débutera. Mais la vérité, c'est que ce sera très dur de se donner une autre image, car Daniel est si célèbre dans ce rôle de sorcier et tellement aimé des fans.
Mais si on voit que cette nouvelle image sera en désaccord avec la réalité, alors elle devra être remaniée. Nous avons toujours su que Harry et Daniel devraient grandir, mais nous n'avions pas pensé à des scènes de sexe.


A cette heure nous n'avons aucune confirmation de ces propos par la Warner Bros.
# Posté le dimanche 04 février 2007 07:19
Modifié le mercredi 25 juillet 2007 13:53

Harry Potter and the Deathly Hallows

Harry Potter and the Deathly Hallows
-The Sun rapporte que JK Rowling aurait finit l'écriture de Harry Potter and the Deathly Hallows le 11 Janvier dernier.
Preuve à l'appui selon eux, un graffitti que notre auteur aurait apposé sur une statue du Balmoral Hotel à Edimbourg.
Un des employé chargé du ménage aurait découvert celui-ci et en a pris une photo avec son téléphone portable.
Le graffiti indique:

JK Rowling a terminé d'écrire Harry Potter and the Deathly Hallows dans cette chambre(652) le 11 Janvier 2007.

Les responsables de l'hôtel se sont refusés à tous commentaires, mais un des avocat de JK a quant à lui confirmé la présence de l'auteur dans ce lieu.


=> Il a effectivement été confirmé à nos confrères de TLC que JK a bien finit l'écriture de l'ultime Harry Potter au Balmoral Hôtel.
Quant au graffitti, la statue "barbouillée" a depuis peu été mise à l'abri des regards indiscrets dans un placard.


-L'attachée de presse de Gallimard vient de faire savoir à propos de Harry Potter 7 que:
"Jean François Ménard attend d'avoir lu le manuscrit pour délivrer une version "au plus prés" du titre de celui-ci."

D'autre part, la maison d'édition n'a pas encore définie à ce jour la date de sortie en français.


-Le site de vente en ligne Amazon.com a annoncé hier que les réservations de "Harry Potter and the Deathly Hallows" sont en augmentation de 547 % par rapport à celles du 6ème tome.
Amazon explique que les pré-commandes du Tome7 en une seule journée ont dépassé celles de "Harry Potter et le Prince de sang-mêlé" le n°6 sur deux semaines. Le sixième tome sorti en juillet 2005, avait entraîné plus d'un million et demi de réservations sur Amazon.


Ne vous attendez pas à pouvoir télécharger légalement sur internet Harry Potter and the Deathly Hallows, car JK n'ayant pas permis à ce que ce soit le cas pour les six premiers romans ne changera pas d'avis pour le dernier tome, raconte Nail Blair, l'un des avocats de l'agence de littérature de Jo. UHP vous conseille plutôt de s'installer confortablement sur votre canapé et de lire tranquillement votre livre...

Les Nickelodeon Kids' Choice Awards 2007 viennent d'annoncer les nominés et la saga Harry Potter vient de l'être pour la catégorie suivante : Livre préféré.
Les fans devront voter parmis 16 catégories dont les votes débuteront le 5 mars via le site internet The Nick.
La cérémonie pour les récompense se déroulera en direct à Los Angeles le 31 mars et sera présenté par le chanteur Justin Timberlake.
# Posté le samedi 03 février 2007 15:57
Modifié le mercredi 25 juillet 2007 13:57

Important

Important
JKRowling.com vient d'être mis à jour et nous annonce la date de sortie de l'ultime tome Harry Potter and the Deathly Hallows : le 21 Juillet 2007 à 00h01 !
Cette date est donc valable pour les anglais, les américains et les pays anglophones, et nous n'avons toujours aucune information sur le titre français ou sa date de sortie, mais cela ne saurait tarder, enfin espérons ^^.
Mais, si nous nous basons sur les précédentes sorties, le Tome 7 devrait en principe sortir en version française durant le mois de novembre ou décembre.

=> Quelques informations complémentaires à propos de la sortie de ce tome :

Bloomsbury publiera plusieurs éditions simultanément: une édition pour enfants, une édition pour adultes, et une autre édition spéciale, ainsi le livre audio lu par Stephen Fry.

Le prix recommandé pour les éditions standard est de £17.99.

La vente du livre sera strictement interdite jusqu'au 21 Juillet 2007, à 00:01 BST.
# Posté le samedi 03 février 2007 15:48
Modifié le dimanche 04 février 2007 15:09

Equus

Equus
*Et oui s'aillait des photos de Daniel Radcliffe dans "Equus" viennent d'arriver sur internet! Voyez vous même les photos dés plus sexy!

*Alors que les photos de Daniel Radcliffe dans "Equus" viennent tout juste de paraitre sur le net, plusieurs articles font déjà état de "photos choquantes" ou qui "choquent l'opinion".
En effet, ils sembleraient que plusieurs parents soient inquiet des répercussions que peuvent avoir ces photos sur leurs enfants.
Selon un article LCI.fr, "De là à ce que certains parents 'indignent que l'idole de leurs chères têtes blondes ait dépassé les bornes, il n'y a qu'un pas que les plus extrémistes d'entre eux franchissent en réclamant l'interdiction de la pièce. "
Malgré tout, la pièce Equus paraitra au théâtre Gielgud, à Londres, à partir du 27 février 2007.

Voici l'article qui en parle:
A l'heure où la date de sortie du dernier tome d'Harry Potter vient d'être annoncée, une pièce de théâtre de l'acteur Daniel Radcliffe fait polémique.

Les photos promotionnelles de celui qui incarne Harry Potter à l'écran le montrent un peu trop dénudé au goût des parents de ses jeunes fans.

Harry Potter ne cesse de grandir. Son personnage d'abord, celui du célèbre magicien qui vivra le 21 juillet la fin de ses aventures, dans le septième et dernier tome des tribulations d'Harry Potter, la série de l'écrivain britannique J. K. Rowling qui sortira en version anglaise, dans le monde entier, sous le titre Harry Potter and the Deathly Hallows.

Daniel Radcliffe, l'acteur qui incarne Harry Potter au grand écran, lui aussi, grandit. Et il est bien décidé à ce que sa carrière artistique se poursuive, malgré la disparition inévitable d'Harry Potter au cinéma. Pour certains parents et fans du héros, il grandit un peu trop vite, d'ailleurs. Sa nouvelle pièce de théâtre Equus soulève une polémique en Angleterre, en raison d'une scène de nu, en compagnie de sa partenaire féminine Joanna Christie, avec laquelle il joue une scène de relations sexuelles.

Des images suggestives

De plus, les images de promotion de la pièce qui se jouera à Londres, au théâtre Gielgud, à partir du 27 février, en ont choqués plus d'un. Daniel Radcliffe y pose, notamment, dans la tenue d'Adam, au cou d'un cheval blanc ou tout aussi nu, dans les bras de sa partenaire de scène, topless pour l'occasion. De là à ce que certains parents s'indignent que l'idole de leurs chères têtes blondes ait dépassé les bornes, il n'y a qu'un pas que les plus extrémistes d'entre eux franchissent en réclamant l'interdiction de la pièce.

L'acteur de 17 ans qui s'est longuement entraîné pour muscler son corps, afin camper le garçon d'écurie d'Equus est à mille lieux de son personnage d'Harry Potter dont il désire se démarquer entre les tournages du cinquième et du sixième opus de la série, sans pour autant vouloir l'abandonner. Une manière pour l'acteur de montrer qu'il peut incarner d'autres personnages, avant le retour sur grand écran du magicien, dans L'Ordre du Phoenix, le numéro 5 de la série qui sortira, en salle, en juillet.


*Le site d'actualité anglais This is London a publié aujourd'hui ce qui devrait être les premiers mots de Daniel Radcliffe depuis la parution des photos promotionnelles de la Pièce Equus à ce sujet. Ces photos ont sucité beaucoup de réactions, aussi bien un soutien des fans de Dan que quelques contreverses. Dan nous assure qu'il est complètement à l'aise dans son rôle d'Alan Strang :
Je n'ai pas de problème à ce sujet, Equus est une pièce icône. La scène de nu en fait partie. Je ne peux pas la faire en portant mon pantalon. Ce serait absurde.
Nous avons effectué la scène un bon nombre de fois en répétitions. Je n'ai pas de malaise particulier. Rien ne pourra m'empêcher d'enlever mes habits si le travail l'exige. La clé d'un jeu sérieux est de perdre vos inhibitions, afin d'être libre et sans peur.
Je me sens bien dans mon corps. Pas totalement, évidemment, personne ne l'ai (totalement) à mon âge... mais j'ai fait de la gym pour être sûr. Et beaucoup d'acteurs que j'admire, comme Gary Oldman, ont joué nus.
Jouer Harry est dur, sans aucun doute. Mais (Equus) est un enorme pas pour moi. Travailler avec Richard Griffiths est un privilège fantastique. Ce sentiment d'être en petit comité est tellement différent d'un film, où plusieurs milliers de personnes sont concernées et où vous arrivez difficilement à voir tout le monde. C'est la chose la plus exaltante que j'ai jamais fait.
Les techniques sont si différentes d'un film, même les choses les plus basiques comme la projection de votre voix sans matériel de son, comme si vous hurliez, tout ceci est nouveau pour moi.

Espère-t-il que ses jeunes fans viendront voir Equus, ou devrait-on les empêcher de voir une pièce de théâtre si sombre et si adulte ?
Je ne vois aucune raison pour laquelle vous ne devriez pas emmener des enfants parce que les gens se déshabillent, ou à cause de la violence avec les chevaux. Mais (et je ne veux pas insulter l'intelligence des enfants) franchement ? Pensez-vous qu'un enfant de 5 ans serait intéressé ?

Radcliffe est actuellement célibataire, ce qui plaira aux hordes de filles de 13-14 ans qui suivent ses moindres mouvements via son site web.
Il démentit la rumeur qui disait qu'il voyait une femme "plus âgée" de 23 ans, qui était juste une amie.
Je pense que les gens sont choqués que j'ai des petites amies, ce que j'ai, et ont tendance à penser que je suis un model de Peter Pan, mais je n'en suis pas un du tout, je le promets !

Un paparrazi a attendu toute la journée à l'extérieur de la salle des répétitions.
Je dois admirer sa persistence. Mais imagine-t-il que je vais sortir nu ? Je peux comprendre pourquoi les gens veulent des photos de prétendues célébrités qui, soules, se battent à la sortie des boîtes de nuit. Mais un garçon acteur sortant de répétitions et conduit à la maison chez ses parents ? Je ne pense pas.


=> Et bien, Dan ne se laisse pas faire ^^ j'ai beaucoup aimé cet interview! Dan est trés mature, les cons n'ont cas se taire!


Toutes les photos ici
# Posté le vendredi 02 février 2007 15:14
Modifié le samedi 03 février 2007 17:38